Filière bovine
L'élevage bovin, malgré sa récente régression tient toujours une place importante dans l'agriculture calédonienne, tant par la surface consacrée que par son rang dans l'économie agricole.
De 1989 à 1999, la filière a connu une phase de croissance assez régulière qui a permis aux découpes locales de se substituer peu à peu aux importations. Pendant cette période, des opérations d'abattages supplémentaires ont eu lieu en raison des sécheresses et, pour écouler les stocks abattus en 1994, une opération de promotion de la viande congelée découpée en cubes a été mise en place (« Bœuf Marmit'»).
Sur la période 2000-2004, la filière, qui bénéficie des progrès de l'amélioration génétique, connaît une phase de surproduction : des abattages supplémentaires sont nécessaires. A partir de 2005, la filière a régressé, même si elle tient toujours une place prépondérante dans l'agriculture calédonienne. Les raisons possibles étaient le manque de ressources des exploitations spécialisées en engraissement, la faible incitation à la reprise ou à la création d'exploitation, ou encore la valeur croissante du foncier qui a conduit à la disparition d'exploitations, faute de repreneurs.
Aussi, depuis fin 2006, un complément de prix sur la viande bovine est servi aux éleveurs et les provinces et la Nouvelle-Calédonie ont multiplié les mesures de relance de la filière. Ces mesures commencent à porter leurs fruits et l'on observe depuis 2008 un redressement timide de la filière qui est toujours susceptible d'être ralenti par des conditions climatiques défavorables.
Sur l'année 2010, le chiffre d'affaires des animaux vendus par les éleveurs à l'O.C.E.F. et aux bouchers de l'intérieur s'élève à 1,055 milliard F.CFP, ce qui positionne la filière en deuxième position avec 14,9 % de la production agricole finale (après les fruits et légumes).
Le poids moyen des gros bovins à l'abattage est toujours sur une courbe ascendante. Ces augmentations de performances de croissance sont liées aux améliorations techniques d'élevage, mais aussi à l'amélioration génétique, notamment grâce aux inséminations artificielles et aux transplantations embryonnaires. Cette volonté d'amélioration génétique se traduit aussi par des importations de bovins reproducteurs. En 2009, les poids moyens des gros bovins étaient encore en augmentation : + 4 kg, après une hausse de 10 kg en 2008 et de 8 kg en 2007.
Mais en 2010, l'épisode de forte sécheresse a entraîné des abattages supplémentaires à partir du mois de mai ce qui a impacté la qualité de la production. Cependant, près de la moitié des carcasses sont désormais classées en A ou Extra.
Les Interventions de l'ERPA
- L'ERPA assure la régulation de la filière à travers les abattages de l'OCEF et sur l'aide au transport des géniteurs.
- Depuis fin 2006, un complément de prix est servi par kg de viande bovine abattue dans des structures agrées.
- L'ERPA met en place des aides à la transformation (43,1 tonnes) et à la commercialisation des viandes locales (autres que conserve).
- En raison de la reprise de la production locale, l'ERPA a participé à la promotion des produits de l'élevage bovin (campagne « C'est bon d'être carnivore » et foires de Bourail et de Koumac).
- L'ERPA intervient également sur la filière bovine dans le cadre de la convention OCEF-ERPA: versements de l'ERPA vers l'OCEF sur les abats locaux et versements forfaitaires (atelier de valorisation des sous produits et unité de découpe).